Le deuil


      Je me dis souvent que le pire qu'il pouvait m'arriver dans ma vie c'était de perdre un de
mes enfants et  bien le pire m'est arrivé et voilà il faut que je vive avec cela. Le matin du décés
de mon fils à l'hopital on vous remet une brochure intitulée" Repères pour vous, parents en
deuil" édité par la fondation de France, une sorte de mode d'emploi de comment se
débrouiller avec l'abime qui souvre devant vous, cela part d'une bonne intention, mais
lorsqu'il faut partir de ce service pour la dernière fois avec les quelques effets que vous aviez
pris à la hâte et en main ce  petit recueil en lieu et place de votre enfant, le chagrin est
monstrueux.
Nous avons annoncé aux grands le départ de leur petit frère, c'est un moment de
partage d'une douleur réciproque, une communion d'amour. La réflexion de la plupart des
gens et de nous dire que nous avons encore 2 enfants et qu'il faut continuer pour eux, mais la
situation n'est pas celle-là, il pourrait bien rester une douzaine d'enfants le problème est celui
qui n'est plus là. On arrive même à ce sentiment que ceux qui restent nous empèche d'être
vraiment libre de nos actes, car devant la douleur de l'absence le sentiment de ne pouvoir le
supporter fait que la solution la plus simple serait d'en finir radicalement d'où la présence
génante des personnes qui sont là et le rejet parfois des parents, il faut être passé par là pour
pouvoir le concevoir. Les enfants ne doivent pas devenir une béquille c'est pourquoi j'évite
autant que faire se peut de craquer devant eux je ne veus pas rajouter à leurs peines la mien-
ne, ils savent très bien que je suis malheureux je ne veux pas les traumatiser avec cette inqiè-
tude de savoir, si les parents vont pouvoir être suffisament fort pour continuer à les aimer
presque comme avant, alors je pleure seul dans mon coin.
J'ai cherché dans des livres qu'est ce qu'était le travail de deuil qu'il nous fallait faire, il est
évident que l'on se sent perdu (on met en place des stuctures d'aides psychologiques en cas
de catastrophes divers mais là rien, c'est juste une catastrophe individuelle) cette recherche
a débouchée sur cette réflexion très simple qu'il n'y a pas de recette particulière, c'est à chacun
d'essayer de trouver des pistes pour arriver à accepter l'innacceptable où plutôt, il faut arriver
à admettre que désormais c'est notre vie. Faite de haut et de bas, cette vie n'est plus la même,
n'est plus celle des autres il est difficile de constater que le reste du monde continue son existence
comme si rien n'était arrivé.
         A la mort de mon enfant, je nous étais dit que l'on avait droit encore au bonheur, certes
il faut le rechercher à nouveau et le prendre quand il arrive, être positif dans ce malheur mais
c'est un effort quotidien et au début permanant et épuisant. Car les premiers jours suivants le
décés, entourés par la famille et pris par les démarches à effectuer, on ne réalise pas encore
mais après quelques jours le manque vient vous ettouffer et vous projette comme une marionet-
te dans un abime de douleur vous écartant à chaque fois cette déchirure de l'âme que vous
portez maintenant en vous et que chacun fait comme il peut pour la cycatriser. Oublier est
illusoire et pas salutaire. J'envie les gens qui croient  car je pense qu'ils peuvent avoir un
certain secours, je ne l'avais pas et je ne l'ai pas et Ô grace à Dieu je ne l'aurais pas, le curé de
Mougins lors de la messe ne m'a pas donner le réconfort et l'espoir que j'espérais, il m'a
vendu sa lessive à laquelle je n'ai rien compris, dommage. Jusqu'à la dernière seconde de la vie
de mon fils, il m'était impossible de croire que cela pouvait arriver, c'est inconcevable de la
part d'un parent et pourtant je pensais qu'après l'inévitable je serais incapable de survivre et
serais  psychologiquement détruit, et bien je suis là encore debout malgrès l'impensable.
       J'ai gravé moi même une plaque de marbre avec son portrait et quelques mots dont "ton
courage et ton amour seront notre force pour une vie sans toi mais pleine de toi", ce ne sont
que des mots car c'est sa petite main dans la mienne lorqu'on allait se promener, c'est ses
"papa" qu'il criait en m'accueuillant lorsque je rentrais du travail le soir, c'est ses bisous
qu'il me faisait sans raison précise hormis qu'il voulait me dire qu'il m'aimait qui me
manquent et me manqueront à jamais.